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Pic pétrolier 2019

22 octobre 2020

Le pic pétrolier a-t-il été atteint en 2019 ?

La rumeur voudrait que le pic pétrolier ait déjà été atteint en 2019. A l’origine de celle-ci se trouve un acteur improbable : BP, le géant des énergies fossiles. Le groupe a en effet publié un rapport prévisionnel début septembre, et ses recherches ont déterminé que la demande pétrole pourrait avoir déjà plafonné en 2019. Ce phénomène s’explique par l’essor des énergies renouvelables, qui s’est conjugué avec les effets de la pandémie.

Une transition énergétique inévitable

Selon Spencer Dale, l’économiste en chef de BP, « cette transition énergétique constituerait un événement sans précédent ». Le fait est qu’une telle chute des flux commerciaux de pétrole n’a jamais été observée au cours de l’histoire récente du secteur. Le rapport énonce donc trois scenarii énergétiques probables pour les 30 prochaines années.

Le scenario « de transition rapide » vers les énergies renouvelables prévoit notamment un important déclin des émissions de gaz à effet de serre produite par le secteur énergétique. Celles-ci chuteraient en effet de 70% d’ici à 2050, limitant au passage le réchauffement climatique à 2 degrés Celsius au-dessus du niveau pré-industriel à partir de 2100.

Le scenario « Net-Zero » part du principe que les effets des politiques et réglementations adoptées dans le cadre du scenario « de transition rapide » verront leurs effets augmentés par une évolution flagrante du style de vie des particuliers. Il en résulterait alors une diminution de 95% des émissions de gaz à effet de serre du secteur énergétique d’ici à 2050. La limitation du réchauffement climatique ne s’élèverait quant à elle qu’à 1,5 degrés Celsius en 2100.

Enfin, le scenario « Business as Usual » se base sur le maintien du rythme avec lequel les politiques et les réglementations relatives à l’adoption des énergies renouvelables ne va pas changer. Cette progression plus lente ne permettrait quant à elle qu’une diminution de 10% des émissions de gaz à effet de serre du secteur d’ici à 2050.

Dans les deux premiers scenarii, la demande mondiale de pétrole a bien atteint son pic en 2019. Elle plafonne à partir de cette date dans le troisième, et devrait atteindre son pic aux alentours de 2025.

Si les trois scenarii ne s’accordent pas forcément sur la date exacte de l’atteinte du fameux pic pétrolier, tous s’accordent sur le fait que celui-ci n’a jamais été aussi proche. BP semble partir du constat que la demande mondiale de pétrole et de gaz ralentit à l’aune de la progression des énergies renouvelables. Ses prévisions montrent que les énergies fossiles, qui représentaient 85% de la demande énergétique mondiale en 2018, ne devraient plus accaparer que 20 à 60% du mix d’ici à 2050. Dans le même temps, les énergies renouvelables, dont l’éolien et le photovoltaïque, devraient passer de 5% en 2018 à 20 à 60% en 2050. Le secteur est donc à l’aube d’un grand remplacement.

L'énergie du futur sera renouvelable, ou ne sera pas

Toujours selon Spencer Dale, la progression des énergies renouvelables sera bien plus rapide que celle qui a pu être observée dans l’histoire des énergies fossiles. Elle pourrait de plus être accélérée par la crise sanitaire, qui a provoqué une chute sensible de la demande de pétrole. Ses effets négatifs sur la croissance des pays occidentaux les a, semble-t-il, motivés à décupler leurs efforts de lutte contre le réchauffement climatique, notamment à travers l’implémentation de « taxes carbones » plus contraignantes et le renoncement aux motorisations diesels.

L’électrification des véhicules représente en effet une véritable menace pour le secteur pétrolier, menace renforcée par les incitations gouvernementales à travers le monde et le durcissement du cadre réglementaire, qui pousse le secteur automotive à investir dans l’électrique et dans l’hydrogène.

Ce rapport a été publié un an après que BP ait annoncé sa volonté de devenir un groupe énergétique neutre dès 2050. Son contenu vient sans doute conforter le groupe dans son engagement, et marquait également un événement long de trois jours durant lequel BP allait détailler ses projets de transition vers d’autres sources énergétiques.

Il ne s’agit pas cependant du seul géant pétrolier à rechercher une porte de sortie du pétrole. Total annonçait fin septembre son intention de cesser ses activités de raffinage à Grandpuits, en France. Le site sera reconverti pour produire des plastiques biosourcés.

D’autres acteurs de la filière pétrolière semblent vouloir prendre le train en marche. Braskem, LyondellBasell, Ineos Styrolution, Trinseo, SABIC, Eastman ou encore BASF sont autant de pétrochimistes qui ont récemment annoncé se lancer dans le recyclage chimique des polymères. Si l’industrialisation et la commercialisation de leurs technologies respectives n’aboutira pas avant deux ans ou plus selon les cas, les plasturgistes peuvent déjà entrevoir de nouvelles possibilités d’économie circulaire à l’horizon du déclin du pétrole.

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