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Prix du plastique

30 octobre 2020

Europe : la pénurie impacte-t-elle les prix du PP ?

La pénurie européenne de PP est apparue au mois d’août 2020, suite à deux arrêts imprévus de crackers de propylène aux Etats-Unis et à la déclaration de deux cas de Force Majeure sur le PP en Europe. L’offre s’est donc trouvée déficitaire très rapidement des deux côtés de l’Atlantique.

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Plusieurs arrêts de production de PP dans le monde

L’arrêt du cracker de propylène de la coentreprise BASF Total Petrochemicals à Port Arthur, au Texas, a fortement impacté le marché étasunien du polypropylène (PP). Ce dernier produit en effet 830 000 tonnes de propylène (C3) par an, et est à ce compte l’un des plus grands centres de production de ce matériau aux Etats-Unis. A cela s’est ajouté l’arrêt imprévu du site de déshydrogénation de propane (PDH) de Dow à Freeport, toujours au Texas.

Il faut aussi tenir compte d’autres arrêts, moins importants de part les capacités impactées, aux Etats-Unis, dont celui d’Ineos à Chocolate Bayou et celui de Formosa Plastics Corporation à Point Comfort. Formosa avait d’ailleurs déclaré un cas de Force Majeure sur la production de grades polypropylènes Formolene du même site. Ces occurrences ont donc sérieusement affiné l’offre locale de propylène, ce qui a impacté le marché du PP en aval, avec une baisse importante des stocks. Les plasturgistes étasuniens ont rapidement dû batailler pour obtenir des volumes sur les marchés spot.

Il en a résulté, d’une part, une hausse sensible des prix contrats sur le C2, et donc une hausse du même ordre, ou presque, sur les prix du PP commercialisé aux Etats-Unis. Ces difficultés d’approvisionnement et ces augmentations de prix n’ont pas tardé à atteindre l’Europe.

En effet, environ 6% des capacités européennes de production de propylène étaient à l’arrêt en août, contre 12% en Amérique du Nord. Un phénomène comparable s’est produit sur le marché du polypropylène, avec 5% de capacités impactées en Amérique du Nord et 10% en Europe. De quoi causer une pénurie de matériau en Occident.

La source du problème européen est sans aucun doute les arrêts de production de Total. Les sites français de Gonfreville et de Lavera, dont les capacités cumulées de production de PP atteignent 300 000 tonnes par an, ont tous deux été placés sous le coup de Forces Majeures. Le pétrochimistes n’avait, à l’époque, pas annoncé de durée particulière pour les travaux de réparation nécessaires au redémarrage des deux sites, ni expliqué si les volumes de production subsistants feraient l’objet d’allocations.

S’en est suivi l’arrêt imprévu de l’une des lignes de production de PP d’Ineos à Geel, en Belgique. L’incident n’a duré que deux semaines, mais les stocks du producteur ont largement été employés pour répondre à la demande des plasturgistes. Il fallait alors compter sur plusieurs semaines pour que son offre retrouve un niveau normal.

Quel impact sur les prix du polypropylène en automne ?

Les arrêts de production de polypropylène constatés en Amérique du Nord et en Europe en août n’ont fait qu’augmenter la valeur des hausses de prix mensuelles, qui elles avaient démarré dès le mois de juin. Les premiers signaux de reprise économique et l’approche de la haute-saison du secteur de l’emballage avaient en effet provoqué un léger rebond de la demande pour le matériau.

Ces trois mois de hausses consécutives ont participé à faire augmenter les prix européens du PP de 10%. Ceux-ci se sont cependant stabilisés en septembre, et ce à l’encontre des attentes des producteurs. En effet, le sursaut économique de la rentrée, tant attendu, n’a pas eu lieu.

La demande des plasturgistes n’a pas été au rendez-vous et a mis fin aux velléités de hausses de prix des producteurs européens. Si certains ont accepté de procéder à des rollovers selon les grades, la plupart ont préféré proposer des prix stables.

De nombreux plasturgistes européens auraient, semble-t-il, anticipé que des augmentations de prix auraient lieu pendant l’été et l’automne, et se sont donc constitués des stocks de matériaux suffisants pour pouvoir assurer leur production sans avoir à acheter de PP à prix fort. Les divers arrêts de production de PP en Europe n’ont pas été suffisants pour justifier le maintien de la tendance haussière.

La faiblesse de la demande s’explique par le ralentissement du secteur automotive européen depuis le confinement. Les taux de production auyant baissé, la consommation de polypropylène par cette industrie en particulier, s’est effondrée. La progression sensible de la demande des secteurs de l’électroménager, de l’électronique ou de l’emballage ne suffit pas à équilibrer le marché.

La situation a peu évolué en octobre, avec des producteurs de plus en plus contraints d’accorder des rollovers, voire des baisses de prix, sur leurs offres, en particulier dans le cas des grades pour l’injection plastique.

Pourtant, de plusieurs sites de production de polypropylène étaient encore à l’arrêt au moment de la rédaction de cet article. Vous pouvez consulter la liste des sites arrêtés en vous connectant à votre espace adhérent :

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