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Transition énergétique : un brouillard d'opportunités

18 mai 2020

Transition énergétique : un brouillard d'opportunités

Passée le 7 août 2015, la loi pour la transition énergétique et la croissance verte a pour objectif de permettre à la France de lutter contre le réchauffement climatique et d’affirmer son indépendance énergétique, tout en garantissant des coûts compétitifs.

Son application a depuis été contrariée par de nombreux événements, et les acteurs du marché de l’énergie ont dû composer avec les signaux contradictoires envoyés par le gouvernement. Les objectifs du texte ne sont, en soi, pas remis en cause. Les façons dont ils seront atteints ont cependant a été contestées. L’exemple le plus frappant est celui de la taxe carbone, à laquelle le mouvement des gilets jaunes s’est fermement opposé.

La Programmation Pluriannuelle de l’énergie pour 2024 à 2028 s’est quant à elle traduite par une révision à la baisse des objectifs en termes d’économie d’énergie. Elle donne également lieu à une limitation du champ d’action pour les filières de l’éolien en mer et de l’exploitation des biogaz. L’enjeu est pourtant de taille : la France doit, a minima, maintenir sa position de deuxième producteur européen d’électricité. La transition de ce secteur, notamment vers des technologies de production renouvelable, aura un impact tant sur les emplois que sur les investissements.

Le flou observé dans les hauteurs de l’Etat est donc gênant, car il est encore difficile de prédire quand, et comment, les différents acteurs de la filière seront mobilisés. La stratégie des territoires est toutefois bien plus claire, et surtout plus franche. Cela est dû au fait que la Loi du 17 août 2015 prévoyait la mise en place de Conseils Régionaux, d’un Schéma Régional d’Aménagement, de Développement Durable et d’Egalité des Territoires (SRADDET). Ces derniers s’intéressent à de nombreux domaines, dont celui de la lutte contre le réchauffement climatique.

C’est dans ce cadre que les régions, hormis celle du Centre Val-de-Loire, ont repris à leur compte l’objectif national de la baisse de 50% de la consommation énergétique finale. Leur réussite passera notamment par la promotion des énergies renouvelables et de la rénovation énergétique sur leurs territoires.

L’adage « quand le bâtiment va, tout va » pourrait en effet s’appliquer à ce segment au cours des prochaines années.

On remarque donc un certain engouement pour les énergies renouvelables traditionnelles que sont l’éolien terrestre et le photovoltaïque. Leur adoption en fonction des régions dépend étroitement des ressources des territoires de ces dernières, ainsi que des investissements qu’elles auraient pu effectuer auparavant. La région Hauts-de-France a par exemple les objectifs les plus bas en termes de production d’électricité à l’aide d’éoliennes terrestres. Cela s’explique par le fait que ce territoire est déjà à l’origine du quart de la production française et qu’il a déjà atteint le maximum de ses capacités.

La Normandie investit également moins, car de nombreux parcs éoliens ont déjà été érigés sur son territoire. La région PACA est en revanche la plus en retard de toutes, et a donc annoncé de nombreux investissements pour se placer au même niveau que les autres d’ici 2030. Les objectifs régionaux en termes d’énergie photovoltaïque sont eux aussi plus ambitieux que ceux de l’Etat. La région PACA les a par exemple multipliés par 9 et deviendrait ainsi le premier territoire producteur pour cette énergie d’ici 2030, grâce à son programme d’équipements sur toitures. Les Hauts-de-France misent également gros et comptent utiliser des territoires non-propices à l’agriculture pour parvenir à leur fin.

On observe également un phénomène de convergence pour certains secteurs. Toutes les régions françaises se lancent, avec plus ou moins d’élan, dans le développement d’une véritable filière hydrogène et encouragent la mise en place de transports verts. Cela n’empêche cependant pas certaines d’entre elles de se spécialiser. Auvergne Rhône-Alpes, les Hauts-de-France et la Nouvelle-Aquitaine misent plus sur la méthanisation, tandis que le Grand-Est et, dans une certaine mesure, Auvergne Rhône-Alpes, cherchent à adopter un mix bois-énergie.

Ces projets régionaux structurants, tant en termes de production d’énergie verte, de mobilité propre que de rénovation thermique des bâtiments, suscitent l’investisseurs, qu’il s’agisse d’entreprises du secteur ou de fonds de capitaux privés. GreenUnivers remarquait d’ailleurs que les cleantechs françaises avaient battu leur record de levées de fonds en 2018 : 114 levées pour 1,5 milliard d’euros récoltés.

Cet engouement s’est en revanche traduit par une consolidation du marché. Les développeurs et producteurs indépendants sont peu nombreux et on observe une multiplication des fusions-acquisitions. Ces dernières sont en général initiées par des géants du secteur de l’énergie, comme EDF, Engie ou encore Total. Il en émerge des marchés très dynamiques.

Une étude publiée par l’Ademe en 2019 révèle que le chiffre d’affaires des marchés liés aux transports verts a été multiplié par 4 en 11 ans, pour atteindre 33,5 milliards d’euros en 2017. Cette progression a été motivée par la production de véhicules moins polluants et par le développement de moyens de transports alternatifs, dont le ferroviaire et les bus. Le marché de la rénovation énergétique des bâtiments a également vu sa taille augmenter de 79 % sur la période 2006-2017, pour un chiffre d’affaires de 31 milliards d’euros. Il devrait continuer à croître aux cours des prochaines années.

Ces constats sont rassurants pour les plasturgistes actifs sur ces secteurs. L’adage « quand le bâtiment va, tout va » pourrait en effet s’appliquer à ce segment au cours des prochaines années.

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